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La force de l’égalité

Rémunération et parcours professionnels : les inégalités entre femmes et hommes dans la fonction publique sont avérées

La FSU-Finances vous invite à lire sans modération le rapport de la députée Françoise DESCAMPS-CROSNIER qui a été recemment remis au premier ministre.

Il est très instructif et fort utile pour trouver des solutions visant à mettre fin aux inégalités.

De l’avis de l’ensemble des personnes auditionnées, ce sujet représente un véritable enjeu qui présente de réelles marges de progression.

L’existence même d’inégalités de rémunérations dans la fonction publique peut prêter à question puisque le système indiciaire n’établit pas de distinction entre femmes et hommes.

Or elles sont bien là : au sein des corps et des cadres d’emploi, entre les filières, au long de la carrière et au quotidien, parfois, dans les relations entre agent.e.s.

Il existe dans la fonction publique un écart significatif de rémunération selon le sexe : 22,7% dans la FPE selon l’étude du centre d’étude de l’emploi (CEE).

Ou exprimé de façon inversée : le sexe est un contribuant important des inégalités : à plus de 10% dans la FPE.

Cet écart reste significatif, de 11% à quasiment 20% selon les versants de la fonction publique, une fois enlevé le facteur « temps de travail » c’est-à-dire en particulier les temps partiels.

Cet écart croît avec l’âge : selon l’étude de l’université de Caen de 2014, il passe de 6,7% en catégorie A, 5,8% en catégorie B et 7,8% en catégorie C à l’âge de 25 ans à 24,5%, 13,4% et 6,5% pour les B , 14,2% à l’âge de 50 ans

Eclairage sur notre ministère :

Il apporte notamment des éléments sur les écarts de salaires dans les directions générales de nos ministères économiques et financiers : DGFIP, Douane, Insee.

Rémunérations :

  • A la DGFIP :
    - chez les cadres A : il y a 695 € de manque à gagner annuel pour les femmes,
  • chez les B ce sont 195 €,
  • chez les agents administratifs, c’est l’inverse il y a 47 € en plus par rapport aux hommes.
  • Aux Douanes : chez les cadres B il y a 328 € de manque à gagner annuel pour les femmes
  • à l’Insee : chez les cadres B il y a 1416 € de manque à gagner annuel pour les femmes.


Carrières :

Pour la DGFiP, les promotions d’agent.e.s C au grade de catégorie B de contrôleur.se des impôts conduisent ainsi à promouvoir légèrement plus de femmes que leur part dans le vivier des promouvables (70% pour 68,1%).

Pour autant, pour les mêmes agent.e.s de catégorie C, l’étude de cohorte menée sur les agent.e.s entré.e.s en 1986 dans le service montrait que, en vingt ans, les femmes avaient eu une progression de carrière moins favorable que les hommes et étaient davantage promues en catégorie supérieure par concours que sur liste d’aptitude

Pour les concours, à part pour l’examen professionnel de B en A, les femmes lauréates sont en moyenne quasiment du même âge que les hommes, à une année près au maximum dans un sens ou l’autre.

Des pensions inférieures à celles des hommes

L’écart de pension entre femmes et hommes existe même s’il est moindre que dans le secteur privé.

Pour les pensions en paiements (ensemble des retraités), en incluant les pensions de réversion, les pensions des femmes représentent 78% de celles des hommes dans les versants d’Etat et territorial mais 96% pour le versant hospitalier.

Il convient de noter que les femmes actuellement retraitées ont souvent moins travaillé que les hommes, le travail féminin rémunéré s’étant développé plus tard.

Les femmes sont aussi plus nombreuses que les hommes à avoir de très petites retraites, portées au minimum garanti (6,8% pour 5,2% pour les hommes pour les pensions liquidées en 2015)

Pour les pensions liquidées, la différence est de 12 % pour les fonctionnaires pour les fonctionnaires d’Etat.

Le combat syndical et citoyen est bien encore nécessaire pour mettre fin aux inégalités.

La FSU-Finances vous inviter à consulter régulièrement notre rubrique droits des femmes riches en réflexions et propositions.