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Fin du paritarisme : 6 questions à Bernadette Groison

L’heure est grave pour la fonction publique". Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, première fédération de l’éducation nationale, revient sur le document ministériel remis le 25 mai aux syndicats et les menaces sur le paritarisme. Elle envisage les réponses à apporter.

Les enseignants voient bien que leur gestion laisse à désirer, par exemple pour les mutations. Une gestion locale par l’administration, à la place des CAP, ne serait-elle pas un progrès ?

Ce ne sont pas les CAP qui sont responsables des difficultés de mobilité. La question est liée au support d’emploi, aux formations et à l’accompagnement des agents. Les CAP ne traitent ces questions qu’en fonction d’une situation préexistante. Par contre supprimer les CAP pour laisser cette question à la gestion de l’administration c’est enlever le regard des organisations syndicales et les droits des personnels à être traités de façon transparente et équitable. Ce n’est pas bon pour les personnels.

Ces propositions gouvernementales sont-elles une surprise ?

Oui. On avait bien compris que le gouvernement réfléchissait à la réduction du dialogue social car il y avait déjà des projets de fusion des commissions. Mais toutes les organisations ont été surprises aujourd’hui des décisions qui semblent déjà presque prises et d’avoir sur la table un document aussi radical et unilatéral. C’est le coté violent du document qui nous a surpris. On vide de sens les commissions paritaires (CAP) et on nous explique que l’heure est à en finir avec le paritarisme. On ne s’y attendait pas.

L’unité syndicale est maintenue ?

Elle est bien réelle. Les 9 fédérations de la Fonction publique étaient là. Elles partagent les mêmes préoccupations sur le dialogue social. On a les mêmes inquiétudes sur le rendez vous salarial de la mi juin car le gouvernement ne met rien sur la table.

Est ce la réponse à la grève du 22 mai qui n’a pas été un grand succès ?

Non car le gouvernement nourrit ce projet depuis un moment. Même sans la journée du 22 mai il l’aurait mis sur la table. Mais il est clair que maintenant il va falloir une réaction des agents. On va déjà voir comment réagit l’administration car la Fsu et les autres syndicats ont dit leur désaccord. On a demandé un autre scénario et une autre réunion. On est prets à des évolutions sur le fonctionnement des CAP. On verra bien sir le gouvernement nous entend.

Il faudrait quoi pour atteindre une forte mobilisation des agents ?

La journée du 22 mai n’a pas été à la hauteur des enjeux car l’heure est grave pour la fonction publique. On est à un tournant sur ces annonces gouvernementales mais aussi pour le rendez vous salarial. Il faut regarder pour quelles raisons la mobilisation n’est pas plus forte. Est ce du défaitisme ? Nous allons continuer à aller au devant des agents et à les informer sur des réformes qui sont menées à un train très rapide.

Pour les enseignants l’année se termine. Que pourraient ils faire ?

Le gouvernement compte là dessus. On cherchera à faire quelque chose, peut être des actions militantes, pour le rendez vous salarial de la mi juin. On ne laissera pas passer sans intervenir. On verra ensuite. Si d’autres suites il doit y avoir, elle doivent se construire avec l’intersyndicale.

Propos recueillis par François Jarraud