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Conférence sociale du 19 octobre : réactions

Selon l’AFP François Hollande a mis en garde lundi la CGT, absente de la quatrième conférence sociale du quinquennat, du risque de disparition du "modèle social français", dans un climat dégradé et au moment où la droite en fait une "vieille lune".
"Le statu quo n’est plus possible. L’alternative, c’est la réforme ou la rupture. La rénovation du modèle social ou sa disparition", a averti le chef de l’Etat après avoir rencontré quatre syndicats (CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC) et le patronat (Medef, CGPME, UPA), au Palais d’Iéna à Paris.
Cette conférence, selon lui, met "les présents, comme les absents" devant leurs responsabilités : "voulons-nous une démocratie organisée et apaisée" ou "nous en remettre à la confrontation ?", a demandé le président de la République.
Dans un plaidoyer pour le dialogue social, il a rappelé que "certains", à droite, remettent en cause la légitimité des corps intermédiaires, et considèrent le paritarisme comme "une vieille lune de l’après-guerre".
A l’adresse de la CGT, qu’il n’a pas nommément citée, le chef de l’Etat a lancé : "il est commode de ne jamais s’engager à signer le moindre accord en espérant que d’autres le feront à leur place".

La CGT ne voit dans cette conférence qu’une "grand-messe d’experts
patronaux
", selon son leader, Philippe Martinez.
- Jean-Claude Mailly (FO) a dénoncé une vision "caricaturale" du dialogue
social façon Hollande et marqué son net "désaccord". Pour le président, a-t-il estimé, "le dialogue social, c’est quand vous êtes d’accord avec moi, sinon
c’est la rupture
" alors que la vraie question à se poser devrait être : "est-ce
une bonne ou une mauvaise réforme".

- Bernadette Groison (FSU) : "Cette conférence sociale est à bout de
souffle
", sa préparation a été "poussive" et le président use d’une "mauvaise méthode". "Si la conférence sociale n’est qu’une chambre d’enregistrement, ce n’est pas du dialogue social", "on ne peut pas dire qu’il y a des bons qui signeraient et des mauvais qui ne signeraient pas". Le dialogue social devrait être "discuter avec l’ensemble des organisations" en vue de "partager".

- Laurent Berger (CFDT) : "Il faut du dialogue social, je sais que ça ne
fait pas rêver les foules, que le temps est à l’outrance mais moi je suis
constructif et combatif". Il a salué comme une "bonne chose" l’annonce du
financement de 150.000 formations prioritaires pour les chômeurs en 2016,
contre 100.000 en 2015.

- Carole Couvert (CFE-CGC) a reconnu "plusieurs points positifs", à
commencer par le fait que le président a "salué le travail courageux des
organisations qui s’engagent dans la réform
e", valorisé l’importance "des
accords
" pour réformer et "entendu notre demande d’une cartographie des
filières industrielles menacées de disparition
".

Le chef de l’Etat a abordé le sujet épineux de la réforme du code du
travail - qui n’est pas au menu des travaux - en assurant que la durée légale
du travail, le Smic et le contrat de travail seront préservés dans le projet
de loi prévu début 2016.
La conférence sociale doit tracer une feuille de route des futures réformes, qui sera annoncée par Manuel Valls à la clôture des travaux.
Sur le compte personnel d’activité (CPA), présentée comme une réforme
majeure du quinquennat, François Hollande souhaite aller vite : il attend un
"accord ou une position commune" entre syndicats et patronat d’ici la
mi-décembre.
Le CPA regroupera pour chaque salarié le compte épargne-temps, le compte pénibilité, le compte formation et les droits à congés. La place de
l’assurance chômage dans ce dispositif pourra "être examinée par les
partenaires sociaux
".
Sur le front de l’emploi, le chef de l’Etat a annoncé le renouvellement en
2016 d’un plan de formations prioritaires à destination de 150.000 chômeurs.
100.000 ont déjà été engagées en 2015, avec succès selon lui puisque 60% de
ces formations ont débouché sur un travail.